philosophie

Mardi 21 août 2007

 L'histoire ne fait rien, c'est l'homme, réel et vivant, qui fait tout.

Etre radical, c'est prendre les choses par la racine. Et la racine de l'homme, c'est l'homme lui-même.

Celui qui ne connaît pas l'histoire est condamné à la revivre.

Sur terrain plat, de simples buttes font effet de collines

Toute classe qui aspire à la domination doit conquérir d'abord le pouvoir politique pour représenter à son tour son intérêt propre comme étant l'intérêt général.

Par kourss
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Mercredi 22 août 2007

La méthode de Marx est avant tout la méthode matérialiste, Marx était l'ennemi du verbalisme, même du verbalisme prétendu révolutionnaire. Il était contre tous ceux qui, comme disait le spirituel Alexandre Herzen en parlant de son ami Bakounine, ont tort « de prendre le deuxième mois de grossesse pour le neuvième ». Résultat ; fausse couche ! Il était contre les émigrés qui après l'échec de la révolution de 1848, voulaient le plus tôt possible recommencer la révolution. Pour que la révolution triomphe, il faut les conditions matérielles nécessaires pour en assurer la victoire. Il était adversaire de ceux qui, sous prétexte d'aller vite, pour descendre du sixième étage sautent dans le vide au lieu de prendre l'escalier. Evidemment, c'est une méthode pour aller vite. On arrive plus tôt, mais dans quel état !

Marx appliquait la méthode matérialiste. Il étudiait avant tout la réalité, les conditions matérielles de la vie sociale. Il était en même temps dialecticien. Cela veut dire qu'il reconnaissait qu'il faut chercher dans chaque régime les éléments destructifs de ce régime, qui se développent à l'intérieur même de ce régime, ainsi que les éléments constructifs du régime nouveau. On peut dire que chaque régime existant porte dans ses entrailles le régime nouveau, comme la mère porte l'enfant.

Et si Marx et ses partisans donnent au socialisme le qualificatif de « scientifique », c'est parce qu'ils ont trouvé dans la société capitaliste, dans le régime économique existant, aussi bien les éléments destructifs de ce régime que les éléments constructifs du nouveau régime.

La méthode marxiste est basée sur l'idée de l'évolution aboutissant à la révolution. Or, l'idée d'évolution est à la base de toutes les sciences et toutes les conceptions modernes, avec cette différence que les évolutionnistes à la Spencer, arrêtent la loi de l'évolution au seuil du régime actuel : tout évolue, sauf le capitalisme ; la loi de l'évolution doit respectueusement s'écarter de la Banque de France et des autres banques ; là, elle perd son autorité ; elle cesse d'être applicable : toute évolue, sauf la propriété et le mode de production capitalistes. Marx, au contraire, avec une logique implacable disait « Non ! Si tout change, si tout se transforme, il n'y a pas de raison pour que le capitalisme et son mode de production restent au stade qu'ils ont atteint ; il n'y a pas de raison pour que l'évolution historique s'arrête au stade capitaliste. »

Est-ce qu'il faut revenir au dogme de l'invariabilité des espèces, de la stagnation de tout ce qui existe, à la vieille géologie, à la vieille astronomie ? L'astronomie moderne, la géologie moderne, démontrent que les comètes et les planètes se sont développées graduellement et que la terre est passée par divers stades.

Marx est d'accord avec la théorie moderne de l'évolution qui n'exclut pas le passage rapide de l'évolution à la révolution : la théorie de l'évolution de nos jours admet avec de Vriès les passages brusques, « les sauts » dans la marche régulière des choses.

Marx n'oppose jamais évolution à révolution. Ainsi, l'enfant, qui se développe dans les entrailles de la mère, vient au monde avec des déchirements sanglants. Jaurès a cherché en vain à persuader la bourgeoisie qu'on pouvait aller au Maroc par voie de « pénétration pacifique ». Malgré sa bonne volonté, sa puissance de persuasion et son honnêteté, il n'a pas pu faire triompher cette idée de « pénétration pacifique ». Vous savez que nous sommes encore en guerre au Maroc (Applaudissements).

Or, selon la méthode marxiste, selon la dialectique de Marx, il ne faut pas opposer évolution à révolution.

Est-ce que ces idées sont périmées ? Est-ce qu'il faut retourner au verbalisme idéaliste ? Francis Bacon, un des fondateurs de la philosophie moderne, a dit qu'il y a deux sources de vérité : il y a la méthode des abeilles, tributaires de la matière environnante, des plantes et des fleurs où elles puisent leur miel ; et il y a la méthode des araignées qui tirent tout de leur propre substance. Les idéalistes « ont une araignée dans la tête », c'est-à-dire qu'ils tirent tout de leur tête, ce qui les entraîne à prendre des mots pour des réalités.

A notre époque, on abuse beaucoup des grands mots. Pendant la guerre, on a sorti tout le bagage idéaliste. On nous a dit chaque jour que ceux qui partaient sur le front allaient se battre pour « la justice », pour « le droit », pour « la civilisation ». On continue à faire cet abus de grands mots idéalistes qui sont vides de sens dans la société actuelle. Cet abus a si peu cessé que, hier encore, il y avait à la salle Wagram une réunion des petits et moyens propriétaires, organisée par la réaction. Au nom de quels principes s'est-on élevé contre les revendications socialistes et démocratiques ? C'est au nom de l'égalité devant l'impôt, c'est au nom des droits de l'homme que les riches demandent à payer autant que les pauvres, Rothschild autant que Rappoport ! (Rires et applaudissements.)

En effet, au nom des droits de l'homme et du citoyen il faut que le pauvre paie autant que le riche. C'est cette égalité qu'on propose. Et ce sont là des choses vivantes de tous les jours, d'aujourd'hui, d'hier, d'avant-hier. Alors, allez-vous faire à Marx le reproche de n'avoir pas eu confiance dans les mots dont on fait un si grand abus, d'avoir regardé la réalité en face ? Ferdinand Lassalle a dit : « dire ce qui existe, c'est déjà un fait révolutionnaire » parce que la réalité travaille pour nous, parce qu'elle contient des éléments explosifs, parce que l'histoire contient de la dynamite, des forces vraiment révolutionnaires qui font sauter les vieux régimes « périmés ».

Donc, au point de vue de la méthode, le marxisme ne peut être considéré comme « périmé ». Elle procède des idées les plus modernes : mouvement, transformation, évolution, révolution.

Marx avait horreur du vide, de l'abstrait, des mots qui peuvent s'appliquer à tout et qui n'expliquent rien, des grands mots qu'on cherche à exploiter pour cacher de petites choses, ou même des choses abominables.

                                                                                             le marxisme est-il périmé?Charles rappoport.

Par kourss
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Dimanche 8 février 2009
Dans son livre 150 Petites expériences de psychologie des médias pour mieux comprendre comment on vous manipule, le docteur en neurobiologie Sébastien Bolher retrace, à travers des expériences effectuées en laboratoire, les méthodes utilisées par la presse pour manipuler les masses. En voici quelques-unes.
Concernant la crédulité induite par la télé, trois psychologues de l’université du Texas, Daniel Gilbert, Romin Tafarodi et Patrick Palone ont réalisé une expérience auprès de deux groupes de volontaires dont l’un devait lire des informations le plus vite possible sans en perdre la compréhension. L’expérience leur a permis de mettre en évidence le mécanisme cognitif suivant: la nécessité de comprendre rapidement une information dense pousse l’individu à supposer cette information vraie. « Ainsi, lorsque le flux de l’information se déroule vite, nous avons tendance à céder à ce présupposé de vérité, pour mieux assimiler le sens. Ce phénomène s’applique bien entendu à l’information télévisée. La télévision est spécialiste de l’information rapide. Dans ces conditions, ce “biais de crédulité” joue à fond: vous devez vous accrocher au flux rapide du discours et des images pour suivre le propos et le comprendre. Dans ce contexte, le réflexe du cerveau est de croire l’information vraie. Conclusion : le flux rapide d’information est un piège pour l’esprit critique. Le cerveau
humain est vulnérable aux situations où il faut comprendre rapidement ».
Pour ce qui est de la dépendance à la télévision, Bolher relate l’expérience menée par deux psychologues Robert Kubey et Mihaly Csikszentmihalyi : des volontaires portaient un boîtier sur lequel on pouvait les biper à n’importe quel moment de la journée. « La collecte des données a révélé que, en moyenne, les participants décrivaient des états émotionnels plus relaxés lorsqu’ils étaient en train de regarder la télévision. (…) Lorsque les téléspectateurs doivent s’extraire du petit écran, leur organisme doit faire face à de nouvelles tensions liées à la gestion de la réalité (…) »
Une autre expérience a montré les ressorts de cette relaxation artificielle: celle menée par le psychologue américain Byron Reeves qui a mesuré les variations du rythme cardiaque sur des sujets en train de regarder la télé. « tes programmes comportaient des changements de plans intervenants à différents intervalles de temps (…} B. Reeves a constaté, dans tous les cas, que les changements de plans (…) s’accompagnent d’une baisse du rythme cardiaque. Cet effet se nomme “réflexe d’orientation” et comporte toute une série de modifications à l’intérieur de l’organisme : une contraction des vaisseaux sanguins à l’intérieur des muscles, et, au contraire, une dilatation des vaisseaux dans le cerveau. Le réflexed’orientation serait une adaptation naturelle aux milieux visuels changeants : le ralentissement du rythme cardiaque et l’afflux de sang au cerveau entraîneraient notamment une mobilisation de l’attention vers la nouveauté. » Devant des changements d’environnements visuels très rapides, comme dans les clips ou les pubs notamment, « le réflexe d’orientation est activité en permanence et maintient un état artificiellement relaxé » dont il est particulièrement difficile de s’extraire. Là où l’on peut commencer à parler de dépendance, c’est lorsque le besoin de retrouver cet état devient compulsif.
La frustration et tous ses exutoires complètent le syndrome d’aliénation télévisuelle. Bolher souligne par exemple ce besoin paradoxal de consommer des sucreries ou autre « junk food » après avoir vu un programme mettant en valeur des femmes ou des hommes aux silhouettes parfaites, pulsion qui a justement pour effet de nous éloigner de ces modèles. Il cite des études mettant en évidence que les femmes exposées à des publicités parues dans des magazines féminins en concevaient une intense « insatisfaction corporelle » et « une humeur dégradée », frustration qui constitue pour le cerveau une préparation à recevoir une consolation ou récompense sous forme de sucrerie. Le couple minceur-plaisir constitue pour Bolher « un ticket gagnant pour la consommation, mais
pas forcément pour l’équilibre psychique des citoyens ». Autre type de frustration, tout aussi paradoxale, repérée dans le comportement de l’homo télévisus et qui relève de la psychologie des choix: celle dont s’accompagne le zapping. Citant une étude menée par Sheena lyengar, de l’université de Columbia et Mark Lepper de l’université de Stanford, Bohler souligne que cette frustration est d’autant plus intense que le choix des programmes est important. Il décrit ainsi le mécanisme à l’œuvre: « II semble que les choix plus variés engendrent une frustration liée à la conscience que nous avons des choix que nous n’avons pas pris ». C’est ce que les psychologues appellent les « coûts d’opportunité ». « C’est aussi pourquoi, devant notre télévision, nous zappons en permanence : nous voulons réduire les coûts d’opportunité en nous donnant l’illusion de voir tous les programmes. Mais ce comportement est contre-productif, car le fait de zapper annule le plaisir procuré par le programme en cours, qui requiert un minimum de suivi et de suspense pour apporter une quelconque satisfaction. Au bout du compte, nous en retirons un plaisir… nul ».

Source: NEXUS n°60 - 150 Petites Expériences de psychologie des médias pour mieux comprendre comment on vous manipule, Sébastien Bolher, 2008, Éd. Dunod.

Par kourss
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